Monsieur Ernst, nous avons l'impression que les fluctuations de capacité constituent un grand défi dans la construction. Dans quelle mesure partagez-vous ce constat ?
Oui, dans toute la construction, les taux d'occupation sont très fluctuants, souvent aussi en fonction d'autres corps de métier ou des autorités, parce que l'autorisation n'arrive pas comme on l'avait planifié.
Je comprends. Quelles possibilités avez-vous de compenser ces capacités fluctuantes ?
Soit renforcer avec des temporaires, soit – ce que nous préférons de loin – emprunter du personnel à d'autres charpenteries. Lorsqu'une charpenterie a un peu moins de travail, on peut lui emprunter des collaborateurs.
Intéressant ; où résident les avantages par rapport aux temporaires ?
Ce sont généralement de meilleures personnes, mieux qualifiées, et elles fournissent une meilleure qualité de travail. Sur le marché du temporaire, où très peu de gens circulent, on trouve la plupart du temps les moins bons. Quand on a un bon temporaire, on l'engage en général directement à titre fixe.
Avez-vous donc déjà fait de mauvaises expériences avec des temporaires ?
Oui, justement sous la forme d'une qualité de travail insuffisante.
D'accord, je comprends. Et lorsque vous empruntez des collaborateurs à d'autres entreprises, comment se déroule concrètement l'organisation ?
C'est similaire aux temporaires. Cela fonctionne par téléphone : on s'appelle et on demande si l'autre a de la capacité. Ensuite les gens viennent travailler et après on établit la facture.
Donc vous êtes simplement différentes entreprises qui se connaissent, de manière privée, et vous vous appelez directement ?
Oui, exactement. On se connaît de toute façon par l'association ou par d'autres manifestations et on peut alors simplement demander où en sont les choses.
Bien sûr. Et vous disiez que la rémunération passe par une facturation réciproque ?
C'est juste, on convient d'un tarif horaire et celui qui prête le personnel peut ensuite établir une facture sur la base du tarif horaire et des heures effectuées. Comme pour les temporaires en fait, donc sur une base horaire.
D'accord, et y a-t-il des aspects juridiques à respecter, concernant les impôts, les assurances et ce genre de choses ?
Non, tout continue de la même manière : les collaborateurs restent employés par leur entreprise, l'entrepreneur prête simplement le personnel, mais tout le reste continue, donc les déductions sociales, les assurances, etc.
D'accord, et concernant le nombre d'heures, reprenez-vous celui pour lequel la personne est engagée dans l'autre entreprise ?
Non, simplement celles qu'elle effectue réellement. Si elle travaille neuf heures chez nous, neuf heures sont inscrites et neuf heures facturées.
Très bien. Vous avez cité tout à l'heure comme avantage de l'emprunt de personnel une meilleure qualité de travail, mais ce modèle présente-t-il aussi des inconvénients ?
Non, jusqu'ici nous n'en avons pas eu.
Tant mieux. Avec combien d'entreprises collaborez-vous à peu près ?
Cela doit faire trois ou quatre entreprises avec lesquelles nous collaborons.
Et comment cela fonctionne-t-il si vous avez besoin d'une personne avec des compétences particulières : pouvez-vous la demander nommément ? Ou vous attribue-t-on celle qui est justement moins occupée dans l'autre entreprise, comment cela se recoupe-t-il ?
Normalement, ce sont tous des charpentiers qualifiés et on demande simplement un charpentier. Et s'il faut un chef d'équipe, on demande explicitement un chef d'équipe, mais c'est plutôt rare. En règle générale, on a simplement besoin de charpentiers, donc de main-d'œuvre.
À quelle fréquence environ empruntez-vous des collaborateurs à d'autres entreprises ?
L'an dernier, nous en avons eu presque toute l'année et en ce moment nous avons de nouveau des temporaires qui travaillent pour nous, parce que je ne trouve personne dans d'autres entreprises. Mais il peut aussi y avoir des années où nous n'en avons pas du tout, c'est très variable. Cela dépend aussi un peu du taux d'occupation.
En été probablement plus qu'en hiver, j'imagine ?
Eh bien, chez nous il n'y a plus vraiment de différence, la construction tourne simplement en continu. Sauf qu'en janvier il fait un peu plus froid, mais en ce moment nous avons justement de nouveau des temporaires et nous sommes encore en janvier. Ce n'est plus comme avant, où l'on disait que l'hiver était plus calme ; c'est la plupart du temps mouvementé toute l'année.
Très bien, c'était très intéressant, merci beaucoup pour cette interview !
Alors que, dans le cas des temporaires, ce sont des prestataires de services de personnel externes, qui n'exploitent eux-mêmes aucune activité de production ou de services, qui font office d'intermédiaires, la mise à disposition occasionnelle de travailleurs repose sur un «prêt» de main-d'œuvre à court terme et non spécialement planifié entre entreprises de construction qui se connaissent. Comme, dans la mise à disposition occasionnelle – contrairement au travail temporaire ou intérimaire – la location de personnel ne fait pas partie de l'offre standard de l'employeur et qu'il n'y a donc pas de régularité, cela n'est pas non plus soumis à autorisation. Les entreprises de construction peuvent ainsi prêter des collaborateurs à des entreprises qu'elles connaissent ou, à l'inverse, leur en emprunter, et se soutenir mutuellement en cas de goulets d'étranglement.




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